[Cinéma] Invincible [Unbroken] : ne pas se détacher d’une histoire vraie, mauvaise idée ?

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La semaine passée, j’ai eu la chance de voir en avant-première le dernier film réalisé par Angelina Jolie, Invincible. Basé sur une histoire vraie, il avait sur le papier tout pour plaire : un coureur olympique dont l’avion s’écrase en mer pendant la Seconde Guerre mondiale. Il n’y a que trois rescapés au départ qui vont passer 47 jours sur un canot pour finalement être retrouvés par des Japonais. Ils sont ensuite envoyés dans différents camps de prisonniers de guerre.

En plus d’un scénario haletant, les acteurs sont très mignons (ne gâchons pas notre plaisir hihi) ! Malheureusement, ça ne suffit pas à en faire un bon film…

Le film commence en deux temps : Louie Zamperini avec ses compagnons de guerre en plein bombardement, ponctué de flashbacks montrant la jeunesse du coureur olympique. Ce début est vraiment très plaisant. On est sous tension lors des scènes dans l’avion, puis on revient au calme et à l’innocence en voyant le jeune Louie devenir un prodige sportif.

Tout se gâte lorsque l’avion se crashe et que Louie et 2 de ses compagnons se retrouvent sur un canot de sauvetage. Ce passage est très long et les inexactitudes/illogismes commencent… Je m’explique : à un moment, le canot est criblé de balles (on le voit d’en-dessous), mais personne n’est touché et ils ne font que réparer quelques trous sur les côtés et non le fond. J’imagine qu’ils sont épuisés, mais ils arrivent tout de même à pêcher à mains nues un requin (!!). De plus, après 47 jours en mer, ils ont n’ont pas l’air très affectés (un peu amaigris, mais barbe faite, mouais…). Ce dernier point ne s’améliore d’ailleurs pas au fil de l’histoire…

Après 47 jours, les survivants sont repêchés par la marine japonaise puis envoyés dans un camp en pleine forêt. Ils sont enfermés dans des cases, mais je trouve ce passage trop long aussi. Je suppose que c’était pour créer une ambiance, mais ça ne fonctionne pas. Selon moi, ça manque de crédibilité et je ne me suis pas tant attachée que ça aux personnages.

Les survivants sont ensuite séparés et Louie est envoyé dans un camp de réfugiés de guerre. Il survit à toutes sortes d’humiliation et à la fin [spoil], arrive même à soulever une poutre pendant de nombreuses minutes alors qu’il est épuisé et s’est cassé/foulé la cheville (!!).

Le film se termine avec quelques photos du vrai Louie, mais là encore, je n’arrive pas à éprouver une certaine compassion. Tout m’a paru tellement gros et surtout tellement américain ! On dirait que le film prouve que le « American Dream » existe bel et bien. D’ailleurs, la légende des photos est tout aussi idéaliste : Louie a pardonné à ses bourreaux et les a rencontrés par la suite… Sauf que ce qu’on ne nous dit pas, c’est que pour en arriver là, il y a fallu plusieurs années à Louie (emplis de problèmes psychologiques notamment). Loin du rêve américain donc.

Je ne connaissais pas très bien cette période de la guerre, contrairement à ce qui s’est passé en Europe. J’ai d’ailleurs lu pas mal de livres à ce sujet et ce que je n’aime pas dans ce film, c’est de n’avoir qu’une seule vision des choses : celle des (gentils) américains contre les (méchants) japonais. Les personnes sont soit noirs soit blancs et ça me semble un peu trop facile. Je n’ai vu aucune complexité psychologique à part peut-être à la fin où Louie retourne dans le bureau du chef japonais, mais ce moment n’est pas exploité (pourquoi y va-t-il ?).

Bref, c’est une histoire vraie d’un Américain à laquelle les Européens auront du mal à s’identifier, se retrouver. L’absence de plusieurs points de vue me dérange, tout comme la « beauté naturelle » et la force inouïe (impossible ?) du personnage principal au court du film. Je pense qu’en s’écartant un peu de l’histoire vraie (par exemple en imaginant la psychologie des personnages ou en nous donnant le point de vue des Japonais), le film aurait sûrement été plus accrocheur et moins lourd.

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